Technologie de l'ammoniaque


La technologie de l'ammoniaque permet de produire une cigarette renforcée, dans le but d'augmenter la dépendance à ce produit, en trompant le consommateur.

«Sans rien dire à personne, les sociétés de l'industrie du tabac ont modifié la chimie de la nicotine, générant ainsi des changements sournois de la chimie du cerveau du fumeur. L'idée de prendre un produit créant une dépendance et de le renforcer afin qu'il rende celui qui le consomme encore plus dépendant est extrêmement inquiétante. C'est en substance une ingérence dans la liberté de chacun à ne pas fumer.» – Clive Bates, Director of Action on Smoking and Health

L'invention de la «Crack nicotine»

La «Free-base» nicotine ou «Crack nicotine» est une forme particulièrement puissante de nicotine car elle se présente sous une forme volatile et non combinée. Cela signifie qu'elle peut être absorbée beaucoup plus rapidement par les poumons et par le cerveau, créant ainsi une plus grande addiction. Ce type de nicotine renforcée permet à la cigarette d'enregistrer, lors de contrôles réalisés avec les appareils les plus modernes, les valeurs de nicotine déclarées sur le paquet. Cependant, ceci ne reflète pas le potentiel addictif réel de la cigarette.

Au début des années 70, Philip Morris était le plus petit des six principaux producteurs américains. La marque Winston, produite par RJ Reynolds, pouvait se vanter de ventes annuelles trois fois supérieures à celles des Marlboro. Mais, à partir de 1978, Marlboro est devenue la cigarette la plus vendue au monde, avec un cinquième des ventes totales et plus de 50% des consommateurs âgés de 17 ans et plus.

La croissance dramatique de Marlboro entraînera le lancement de recherches frénétiques de la part des autres producteurs. Grâce à l'analyse et à l'ingénierie inverse des cigarettes Marlboro, les concurrents arrivèrent à la conclusion que la «Technologie de l'ammoniaque» était l'âme des Marlboro. Et c'est ainsi que les producteurs se sont adaptés à ce nouveau procédé.

Dans le même temps, la «Crack nicotine», ou nicotine «Free-base», et l'absence de contrôle adéquats devinrent des sujets d'intérêt public, objets d'innombrables batailles aux USA, en total contraste avec le silence presque complet régnant au sein de l'Union Europénne et en Italie. Malgré cela, Big Tobacco continue à commettre des délits en toute liberté puisque de nos jours les contrôles sont toujours inexistants.

Anual sales billions 1955-1975
Free nicotine smoke mg/cigarettes
Alcalinité

Renforcement chimique de l'impact

Nicotine sous forme basique

Le succès de la marque Marlboro viendrait de sa teneur supérieure en nicotine «Libre», résultat de l'alcalinité plus élevée (pH), obtenue grâce à la technologie de l'ammoniaque.

L'ammoniaque peut accélérer la libération de nicotine «Libre» ou non liée, en augmentant le pH (alcalinité) de la fumée de tabac avec des additifs. De cette façon, le fumeur se comporterait comme un consommateur de crack. Le professeur Jack E. Henningfield de John Hopkins University School of Medicine, explique ainsi l'action de l'ammoniaque :

«Une troisième chose que les composés comme l'ammoniaque peuvent faire c'est augmenter le pH, augmenter la quantité de nicotine libre, qui est ce que le Dr Rickert a précédemment appelée l'unprotonated nicotina… La forme free-based de la nicotine est absorbée plus rapidement, comme la forme free-based de la cocaïne, et a un effet plus explosif sur le système nerveux. La technologie de l'ammoniaque est un des procédés utilisés pour obtenir aussi bien de la cocaïne que de la nicotine free-based.» – 1997

Nicotine sous différentes formes

De nombreux documents expliquent la découverte faite par les producteurs de cigarettes : la nicotine est disponible sous différentes formes.

«La nicotine peut être délivrée au fumeur au moins sous trois formes différentes : (I) forme de sel dans la phase particulaire, forme de base libre (ii) dans la phase particulaire, (iii) free form de base en phase vapeur. On a cru pendant longtemps que la nicotine sous les formes (ii)/(iii) était considérablement plus active.» – BAT, 1984

«Dans la fumée, la nicotine peut se présenter sous deux formes : comme la nicotine libre sous la forme basique (avec ammoniaque) et comme un sel de nicotine (avec chlorure d'ammonium) et il est certain que la nicotine libre est absorbée plus rapidement dans le sang.» – BAT, 1964

Plus de nicotine libre signifie un «Impact» supérieur

Une fois que le rapport entre le pH, la nicotine libre et l'impact de la nicotine a été établi, c'est devenu un objectif de recherche.

«L'objectif de ce projet est de développer une méthode visant à augmenter le pH de la fumée de cigarette. Une cigarette à faible teneur en nicotine et à faible densité de fumée mais avec une fumée au pH supérieur contiendrait beaucoup plus de nicotine libre dans sa fumée. Par conséquent, sa nicotine aurait un impact bien plus important.» – Liggett, 1974

Changer la forme chimique de la nicotine augmente le «Kick»

Dans une étude intitulée «Un nouveau concept de cigarette, pour assurer à RJ Reynolds un segment de marché plus important chez les jeunes» – RJR parle du «Kick» de la nicotine :

«Même avec un ancien filtre, n'importe quelle amélioration du kick de la nicotine peut être obtenu facilement avec le réglage du pH.» – RJR, 1973

«Le pH conditionne également l'immédiateté de l'impact de la nicotine. Quand le pH augmente, la nicotine change de forme chimique de telle façon qu'elle est plus rapidement absorbée par l'organisme, procurant en un temps plus bref son kick au fumeur.» – RJR, 1976

«Quand on fume une cigarette, la nicotine est libérée momentanément sous sa forme libre. Sous cette forme, la nicotine est plus facilement absorbée à travers les tissus du corps. C'est donc la nicotine libre qui est associée à l'impact, ainsi plus le taux de nicotine libre est élevé, plus l'impact est important.» – BAT, 1988

Rendre la nicotine plus puissante

«Augmenter le pH d'un moyen par lequel la nicotine est libérée augmente son effet physiologique, augmentant le rapport de base libre d'acide sous forme de sel, la forme libre étant plus facilement transportée à travers les membranes physiologiques. Nous poursuivons ce projet avec pour objectif final abaisser la nicotine totale présente dans la fumée, augmentant l'effet physiologique de la nicotine restante, de façon à ce qu'aucun effet physiologique ne soit perdu malgré la réduction de la teneur en nicotine.» – Liggett, 1971

La quantité de nicotine libre augmente la résistance physiologique

«A partir du moment où la nicotine non liée est physiologiquement plus active et beaucoup plus rapide que la nicotine liée, la fumée possédant un pH élevé semble être plus forte en nicotine. Voilà pourquoi la quantité de nicotine libre dans la fumée peut être utilisée pour au moins une mesure partielle de la force physiologique de la cigarette.» – RJR, 1973

Le passage de la nicotine est renforcé par le traitement avec l'ammoniaque

Selon la BAT, l'ajout d'ammoniaque était une option technique pour renforcer le passage de la nicotine :

«Le résultat montre que le traitement avec l'ammoniaque entraîne une augmentation générale du transport de base, avec 29% de nicotine en plus. Ce résultat, même avec une diminution du contenu de nicotine et une réduction de 10% du poids de tabac brûlé à chaque aspiration, est seulement partiellement dû à une petite diminution de la filtration de la nicotine. En quelques mots, le passage de la nicotine est augmenté du fait du traitement avec l'ammoniaque…» – BAT, 1965

Additifs pour augmenter le «Kick» de la nicotine

L'ammoniaque peut être utilisée pour augmenter l'alcalinité de la fumée et augmenter la teneur en nicotine dans la forme libre plutôt que dans la forme liée des sels de nicotine. RJ Reynolds explique :

«Au fond, la cigarette est un moyen d'administrer une dose de nicotine au fumeur sous une forme utile et attrayante. Avec une fumée au pH normal, égal ou supérieur à 6.0, presque toute la nicotine de la fumée est combinée chimiquement avec des substances acides, donc non volatiles, et elle est absorbée par le fumeur de façon relativement lente. A partir du moment où le pH de la fumée monte au-dessus de 6.0, une partie plus importante de la nicotine se présente sous la forme libre, qui est volatile. Elle est absorbée plus rapidement par le fumeur et est instantanément perçue comme un nicotine kick.» – RJR, 1973

Masquer la nicotine en augmentant la phase vapeur

Voici comment Big Tobacco contourne les contrôles

L'ammoniaque permet de contourner les tests évaluant les taux de nicotine. L'utilisation de la «Free nicotine» et son effet renforcé a aidé les producteurs de cigarettes à tromper les autorités chargées des contrôles, à commencer par la FTC des États-Unis.

En utilisant le procédé des additifs chimiques, ils ont été capables de créer une cigarette qui, tout en enregistrant des taux conformes à la norme en vigueur lors des contrôles de goudron et nicotine, libère une dose élevée de nicotine.

«Si l'objectif est d'augmenter la libération de nicotine dans la fumée, apparemment il n'existe que 2 solutions : augmenter l'absolue disponibilité de la nicotine, ou augmenter le pH, qui entraîne l'augmentation du contenu de nicotine apparente, sans modifier son absolue disponibilité.» – Lorillard, 1976

Cacher la nicotine dans la phase gazeuse

Les instruments de contrôle mesurent la quantité totale de nicotine liquide et solide mais pas sa concentration dans la phase gazeuse, où se trouve la «Free» nicotine.

Les additifs permettent de réduire les quantités de goudron et de nicotine sans compromettre l'effet pharmacologique. La publication obligatoire des teneurs en goudron et nicotine sur les paquets et sur les publicités a montré, au cours des dernières années, une apparente diminution des niveaux de ces substances, mais, en réalité, les fumeurs ont continué à être exposés à des taux élevés et à une drogue créant une forte dépendance.

Les changements de l'état de la nicotine, de solide ou liquide à gazeux, ont pour effet d'échapper aux processus standards de mesure, qui enregistrent les résidus restant dans le filtre et dans les machines homologuées (la «Smoking machine»).

«L'exemple parfait de ce phénomène est que si les contrôles ne tiennent pas compte de la phase gazeuse, si les producteurs font quelque chose comme augmenter le pH et diminuer la fumée, il est possible de véhiculer la majeure partie de la nicotine de la forme liquide à celle gazeuse; donc, si la mesure n'est pas réalisée sur la phase gazeuse, il n'est pas possible de déterminer la quantité de nicotine présente sous cette forme. Ceci est connu depuis la fin des années 60 et le début des années 70.» – Farone, W.A. 06/12/97

Le business du producteur s'améliore grâce à une apparente réduction de la teneur en nicotine.

L'augmentation du pourcentage de nicotine libre, qui est une modification substantielle de la forme chimique de la nicotine, fait en sorte que le même «Hit» peut être obtenu avec moins de nicotine.

En d'autres mots, on peut avoir l'impression que l'impact pharmacologique est réduit, dans le cas de cigarettes présentées comme «Légères», sans qu'il n'y ait aucune réduction réelle.

«La concentration de nicotine dans la phase gazeuse peut être modifiée en faisant varier l'acidité (pH) de la fumée. Il est donc possible d'avoir deux cigarettes qui délivrent la même quantité de nicotine (mesurée sur le filtre Cambridge – méthode FTC), mais qui peuvent être facilement différentiées par leur impact sensoriel puisque l'acidité de la fumée (et la quantité de nicotine dans la phase vapeur) est différente.» – B&W, 1984.

Le processus de réduction de l'ammoniac naturel dans les Yesmoke

Les cigarettes Yesmoke, non seulement, ne sont pas traitées avec de l'ammoniaque, mais sont soumises à un traitement visant à éliminer l'ammoniac naturellement présent dans le tabac.

Si le mélange de tabac est traité avec du bicarbonate d'ammonium, du carbonate d'ammonium ou de l'ammoniac, les gaz ou les ions d'ammoniaque réagissent avec les sels de nicotine et donnent naissance à ce que l'on appelle la «Free nicotine» ou «Crack nicotine».

La cigarette Yesmoke va dans la direction opposée: le tabac Burley, ingrédient de base de la cigarette de type «American blend» est torréfié à une température de 132°, avec un taux d'humidité de 6%, pour une durée supérieure à 10 minutes. Ce processus permet la libération de l'ammoniac naturellement présent dans le tabac.

Avec ce système Yesmoke obtient une cigarette avec la teneur minimale d'ammoniac naturel, qui est le taux le plus bas possible.

La réduction de la teneur en ammoniac naturellement présent dans le tabac Burley fait en sorte que le produit, tout en restant dangereux pour la santé, crée, en théorie, une dépendance moins importante.

Big Tobacco parle de Big Tobacco

Le mythe veut que le Marlboro man ait créé les cigarettes Marlboro. L'icône jawed square («la mâchoire carrée») de l'individualisme américain attrape avec son lasso un public naïf et l'envoie dans l'enclos Marlboro. Face à tout cela, le succès de la marque Marlboro semble être un tribu au pouvoir de la publicité et de l'iconographie. Toutefois, l'histoire chimique de la marque jette une lumière intéressante sur le sujet.

«Philip Morris a commencé à utiliser la technologie de l'ammoniaque en 1965, augmentant périodiquement son utilisation de 1965 à 1974. Cette période correspond à la hausse dramatique des ventes réalisées par Philip Morris entre 1965 et 1974» – RJR, Minn Trial exhibit 13141, 1992

La technologie de l'ammoniac est le secret de la Marlboro

«En analysant toutes les technologies appliquées à la Marlboro à l'échelle mondiale, la technologie de l'ammoniaque reste le facteur clé.» – B&W, Minn Trial exhibit 10001, 1992

Les marques qui vendent le mieux présentent le pH le plus élevé

Le PH supérieur des Marlboro a permis, malgré une réduction des deux tiers des teneurs en goudron et nicotine, de conserver les effets de la cigarette précédente avec son taux élevé de goudron et de nicotine - et a permis de développer un «goût standard américain», exploitant l'iconographie associée à la quintessence américaine du «Marlboro Man».

«Si nos données, corrélations et conclusions sont correctes, alors, ce qui est né, plutôt qu'un nouveau type de cigarette, représenté par Marlboro et Kool, avec son impact élevé de nicotine, son arôme de Burley, sa saveur légère et agréable, sa meilleure sensation dans la gorge, est grandement le résultat d'une élévation du PH de la fumée. Ceci est la preuve que les autres cigarettes, qui se vendent elles aussi très bien, présentent les même caractéristiques, en particulier l'impact dû à la free nicotine.» – RJR, Minn Trial Exhibit 1315, 1973

«Il existe aujourd'hui une technologie qui permet de fabriquer une cigarette avec en apparence une réduction de la teneur en goudron et nicotine, et qui malgré tout libère une quantité supérieure de free nicotine, comme Marlboro, Winston, Merit ou Kent, sans augmenter la quantité de nicotine. Mais la quantité de nicotine qui en résulte est telle qu'elle permet de classifier le produit comme Lights.» – B&W, Minn Trial Exhibit 13182, 1980

«Il semblerait que l'augmentation de l'envie de fumer soit associée au fait que la nicotine rejoint le cerveau plus rapidement… Sur cette base, il est raisonnable d'affirmer que la réaction positive du fumeur à une fumée comportant une quantité supérieure de extractable nicotine (semblable à la «free–base» nicotine) peut entraîner une réaction semblable dans le fumeur, puisque même la nicotine qui rejoint le cerveau sous différentes formes chimiques le fait plus rapidement.» – BAT, Minn Trial Exhibit 17825, 1966

Les concurrents comprirent le lien entre les ventes de Marlboro et l'alcalinité de la cigarette.

«Le PH de la fumée des Marlboro et Kool est respectivement de 7.12 et de 6.98 et confirme la relation entre le PH élevé de la fumée et l'augmentation des ventes de cigarettes.» – Lorillard, Minn trial exhibit 10095, 1973

«Comme résultant du PH supérieur de sa fumée, on calcule que la Marlboro actuelle, malgré une réduction des deux tiers de sa teneur en goudron et en nicotine, survenue au cours des dernières années, a apparemment le même niveau de free nicotine dans sa fumée, que l'avait précédemment la Winston.» – Lorillard, Minn trial exhibit 13155, 1973

«Nos données montrent que, au cours des dernières années, la fumée de nos marques et de toutes les autres marques compétitives a été constamment et significativement inférieure en terme de pH (moins alcaline) que la fumée des Marlboro et des Kool… Toutes les démonstrations indiquent que la valeur relativement élevée du pH de la fumée (alcalinité élevée) mise en évidence par Marlboro (et par les autres marques de Philip Morris) et par Kool, est intentionnelle et contrôlée. Cela a soulevé des questions comme: (1) l'effet d'un pH supérieur sur l'impact de la nicotine et sur la qualité de la fumée, donc dans le rendement du marché et (2) comment un pH plus élevé de la fumée peut-il être obtenu.» – RJR, 1973

Plus d'infos







Yesmoke Tobacco S.p.A. © 2000-2012 | TVA IT-09159800011 | 100% Made in Italy | ISO 9001 | Informations légales | Plan du site | Flux RSS | |

enesfritru